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Co-Incidences

 

Cette série d’œuvres constitue  une exploration  atypique. Elle témoigne d’un défi amical lancé au photographe Jean Cazelles, lui aussi originaire du bassin minier de Decazeville. Des séries d’images ont été échangées entre le plasticien et le photographe, qui s’en nourrissent pour créer d’autres réalisations, à nouveau échangées. Les images sont in fine présentées en diptyque rassemblant systématiquement une photographie noir et blanc et un dessin en couleur, selon des rapprochements formels, synthèse d’une démarche inédite qui montre bien les inspirations mutuelles.

 

L’encadrement, sans vitre pour instaurer une proximité avec le regardeur, fait d’autant plus ressortir la diversité du traitement : une photographie glacée au papier lisse et un dessin au papier tourmenté sont autant de rapports au monde différents. Etrangement, les choix picturaux sont liés aux paysages post-industriels de cette même région de Decazeville, (véritable retour aux sources pour les deux créateurs ?), souvent articulés autour de la rencontre entre des vestiges industriels et des éléments naturels.

 

Une création donc commune mais non simultanée, dans laquelle les pinceaux de Claude Chaigneau adoptent une rigueur, des diagonales strictes, un jeu sur les reflets entre l’ombre et la lumière, en faisant entrer la couleur dans la vision en " voir et blanc " de Jean Cazelles. Ces traces liées à des lieux de mémoire industrielle sont transfigurées, voire défigurées par le traitement que propose Claude Chaigneau. Cette démarche pleine de promesses permet de découvrir une nouvelle facette du travail de l’artiste, tout en s’inscrivant tout naturellement dans ses recherches sur la disparition de la citation, l’épure de la référence, in memoriam l’histoire de l’art.

Muriel Berthier, février 2005

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