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VIVIEZ, cité au cœur du bassin minier aveyronnais.

 

- Où une enfance, ignorante d'elle-même et du monde, court sur les terrils, sur les crassiers, terres en marge.

- Où une enfance se constitue, ce que nous pourrions nommer dans un double ancrage, un " vivier d'émotions ", ceci à son insu.

- Où ce qui est originel à soi-même conduit aux images des origines : travail sur le primitif, sur les débuts géolo­giques du monde et de son monde. Travail réduit à une épure de terre et d'eau mêlées, à une boue noire et duc­tile jusqu'aux limites du champ visuel.

 

Racines déjà retournées au minéral, houille future, qui innervent le champ, le structurent et le tendent comme le mât et les haubans assujettissent la voile. Hautes terres de solitude et de silence.

 

Comment, alors, fils de cette terre, fils de Cybèle, de toutes les déesses-mères que les âges se donnent, échap­per au mythe fondateur, substrat présent, prégnant ?

 

Quête identitaire : " Né de toi, ton silence m'insupporte qui se refuse à livrer le secret de mon origine. "

 

L’œuvre se fait traces de lutte pour arracher le secret, lyrisme noir, tonalités de l'épopée guerrière, champ de bataille, elle trouve dans ce questionnement forcené la justification de sa violence, de son excès.

 

Le guerrier ne se voit opposé d'autre ennemi que le champ de bataille lui-même. Courageuse parturition, mise à jour identitaire où le champ devenu celui des possibles se fait aussi miroir.

 

Charles de Rodat - Mestre Pierre, mai 1998

in : De l'état des lieux à l'état de grâce